15 principes de libérationLes 3 principes que nous vous présentons, comme tous les autres qui suivront les prochaines semaines sont issues de notre recherche collaborative sur les entreprises libérées réalisée en 2016. Conseil & Recherche a mené ce projet avec deux sociologues de l’Université de Liège et notre équipe de consultants-chercheurs sur une durée de 6 mois. Nombreuses entreprises libérées ont été étudiées et d’autres encore, qui ne s’affichent pas sous ce concept mais qui suivent des démarches analogues. Ces principes ne sont pas des règles à appliquer mécaniquement à la lettre. Ils sont là pour vous aider à comprendre le process de libération et vous inspirer pour créer votre modèle de management agile.


Jean Pagès, fondateur de l’Institut Français de l’Appreciative Inquiry réagit à trois principes des entreprises libérées

Jean Pagès

Jean Pagès – fondateur de l’IFAI

Principe n°4 : Cadrage

Dans l’entreprise libérée comme toute démarche appréciative, c’est à dire fondée sur l’exploration des forces de l’entreprise, il est nécessaire de clarifier les attentes des parties prenantes en amont de toute action. Bien souvent, nous sommes consultés à l’occasion de difficultés qui s’expriment non sous la forme d’un souhait mais bien plutôt d’un problème et d’une façon négative. Quelque chose ne va pas et on souhaite régler ce problème. Notre approche consiste alors à effectuer un cadrage positif en recherchant ce qui est désiré. Nous passons, par exemple, de : « Il y en a assez de demander des économies à nos personnels » à « Ensemble, valorisons notre cœur de métier ».

Fabriquer du sens ensemble et créer une vision partagée suppose d’adhérer à un postulat sous-jacent : c’est en construisant des images mentales du futur que l’on se donne envie de se diriger vers celui-ci et que l’on a le plus de chances de le faire exister. La démarche appréciative nomme ce présupposé, principe d’anticipation et déclare que « L’image inspire l’action ». Et bien sûr, plus ces images du futur sont positives, plus les actions présentes le sont également !

L’idée de cadrage comprend également le respect des règles. Si dans l’approche appréciative, comme dans l’entreprise libérée, l’accent est mis sur l’autonomie et la participation, ceci se fait au travers d’un processus structuré et d’un travail de recherche des forces de l’organisation : cadrage signifie aussi orientation de l’attention.

Principe n°5 : Démultiplication

Un autre point intéressant me semble être l’affirmation et l’accompagnement de la capacité d’innovation et d’expérimentation des salariés. Ainsi, la réussite du projet d’une entreprise avec laquelle nous avons travaillé a-t-elle reposé sur l’accord de la direction générale quant au portage et à la mise en œuvre d’actions construites à partir d’une réflexion collective. Les salariés qui ont proposé des idées nouvelles sont aussi ceux qui les ont mises en œuvre avec le soutien de membres de l’équipe de direction qui en ont été les sponsors. Ces idées ont également inspiré de nouvelles personnes qui ont proposé d’autres innovations : l’innovation appelle l’innovation et les initiatives positives renforcent la créativité et l’engagement. Le changement repose alors non sur la mise en tension du système, comme on l’a longtemps cru et on le croit encore, mais bien plutôt sur des actions réussies qui stimulent et donnent l’énergie d’aller plus loin.

On peut également rapprocher le principe de liberté, central dans l’approche appréciative, du principe de démultiplication : le libre choix des personnes de s’engager dans l’action et la confiance qui leur est accordée pour expérimenter et développer à leur niveau.

Principe n°6 : Management par les moyens

Le management par les moyens s’est pleinement exprimé dans l’exemple que je citais plus haut. Laisser les porteurs d’initiatives en responsabilité et leur permettre de disposer de moyens mis à leur disposition par l’entreprise et d’un soutien managérial pour les réaliser. On s’écarte du modèle « command and control » pour au contraire faciliter le travail des salariés en leur apportant un accompagnement et des conseils si nécessaire. La posture des leaders des entreprises libérées et des leaders appréciatifs s’apparente à celle des managers-coachs : elle est faite d’écoute, d’ouverture, d’humilité et de sens du service. C’est à la fois un changement de comportement et un changement de regard sur les collaborateurs auxquels le manager fait confiance et qu’il a à cœur d’aider à développer.

« Le grand leader est perçu d’abord comme un serviteur, et ce simple fait est la clé de sa grandeur. »

— Robert K. Greenleaf 1

Enfin, cadrage, démultiplication et management par les moyens supposent une attention accordée à l’entreprise dans sa totalité ; plus on prend le temps de construire avec tous, non pour bâtir une organisation définitive mais pour vivre une organisation vibrante et ouverte, plus l’entreprise a des chances de rendre son personnel heureux et de rendre les meilleurs services à la société.


Références

Greenleaf, R. K. (1977). Servant leadership. Mahwah, NJ, Paulist Press, p. 7

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